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Guide

Le développement de l'enfant, de 0 à 12 ans

Des repères par âge, le suivi médical dans votre pays, le sommeil, les écrans — et ce que disent les études officielles sur l'effet d'une séparation.

Un enfant peut être en avance ici et en retard là

Chaque repère vient d'une grille d'examen officielle, citée et datée. Rien n'y est une observation personnelle ni un conseil d'éducation. Cette page ne remplace pas le carnet de santé de votre enfant, ni le médecin qui le suit dans le temps.

À lire avant la liste

Ce qui suit est une liste de repères. Lue seule, une liste inquiète — on y cherche ce qui manque. Alors commençons par ce que disent les autorités de santé elles-mêmes, et qui compte plus que n'importe quel repère.

« Tous les enfants franchissent les mêmes étapes, mais chacun à son rythme. »INSPQ, Mieux vivre, mis à jour le 17 février 2026
« Rappelez-vous que tous les enfants sont différents et acquièrent leurs habiletés à des moments différents. Il est normal qu'un enfant soit en retard dans certains secteurs et en avance dans d'autres. »Société canadienne de pédiatrie, octobre 2019
« L'adulte doit faire en sorte de respecter le rythme d'évolution propre à chaque enfant. »monenfant.fr, Caisse nationale des allocations familiales, 31 juillet 2026

Retenez la formulation canadienne, qui est la plus utile : il est normal qu'un enfant soit en retard dans certains domaines et en avance dans d'autres. Un enfant qui marche tard et parle tôt ne va pas mal. Il va à son rythme, et son rythme n'est pas une moyenne.

Quand en parler à un médecin

« Si vous vous inquiétez du développement de votre enfant ou s'il semble en retard dans plus d'un des secteurs énumérés, parlez-en à votre médecin. »Société canadienne de pédiatrie

Le critère n'est donc pas un repère manquant, mais plusieurs domaines à la fois — ou simplement votre inquiétude, que la Haute Autorité de santé retient elle-même comme un signal à écouter.

Les signes qui demandent de consulter sans attendre

À tout âge

  • l'inquiétude des parents sur le développement de leur enfant
  • une régression des habiletés de langage ou de relation

À 12 mois

  • l'absence de babillage
  • l'absence de gestes sociaux

À 18 mois

  • l'absence de mots

À 24 mois et au-delà

  • l'absence d'association de mots
La HAS recommande un délai de trois semaines entre le repérage d'un de ces signes et la consultation dédiée. Haute Autorité de santé, février 2018

Les repères, âge par âge

Ces repères viennent des grilles d'examen officielles. Aucune source française, belge ou québécoise ne publie de grille pour l'âge scolaire : les tranches de 6 à 12 ans reposent donc sur les examens suisses, seule grille officielle francophone à couvrir cette période. Nous le signalons plutôt que de le taire.
0 à 6 mois
Motricité
  • rouler du ventre au dos
  • contrôler la tête et le cou
  • lever la tête et la poitrine
Mains
  • joindre les mains
  • ouvrir et fermer les mains
  • porter les mains à la bouche
Relations
  • sourire
  • être expressif
Attention
  • observer attentivement les visages
  • suivre les objets du regard
6 à 12 mois
Motricité
  • rouler dans les deux sens
  • s'asseoir seul
  • soutenir son poids sur ses jambes
Mains
  • tenir et secouer un hochet
  • faire passer un objet d'une main à l'autre
Relations
  • tendre les bras
  • sourire dans le miroir
  • imiter les sons
Langage
  • babiller
1 à 2 ans
Motricité
  • se tenir debout
  • marcher avec aide puis seul
  • monter et descendre les escaliers
Mains
  • manger avec les doigts
  • déposer des objets dans un contenant
  • gribouiller
  • pince fine
Langage
  • dire « mama » ou « papa »
  • réagir à son nom
  • dire dix à vingt mots vers 18 mois
  • suivre une consigne simple
Relations
  • être gêné face aux étrangers
  • demander de l'aide
  • premières crises d'opposition
2 à 3 ans
Motricité
  • courir
  • sauter à pieds joints
  • monter et descendre les escaliers
Mains
  • empiler cinq cubes
  • commencer à se déshabiller
  • dessiner des traits, des croix, des cercles
Langage
  • poser des questions
  • dire « non »
  • mettre deux mots à la suite
  • vingt à cinquante mots
Relations
  • se reconnaître dans le miroir
  • jouer à côté d'autres enfants
  • imiter le comportement des adultes
3 à 6 ans
Motricité
  • courir sans difficulté
  • sauter sur place
  • tenir sur un pied quelques secondes
  • lancer, attraper et faire rebondir un ballon
Mains
  • dessiner des personnages
  • utiliser des ciseaux
Langage
  • faire des phrases complètes
  • employer des subordonnées
  • connaître les couleurs principales
  • respecter une consigne en trois étapes
Autonomie et relations
  • s'habiller seul
  • ranger ses jouets
  • être propre le jour, souvent la nuit
  • jouer avec d'autres enfants, jeux de rôle
  • être séparé plusieurs heures de son parent
6 à 9 ans
Motricité
  • faire du vélo
  • s'habiller seul
  • coordination et dessin
  • mouvements séquentiels des doigts
Langage
  • grammaire correcte
  • phrases avec subordonnées
  • tous les sons sauf ch, s, j, z
  • vocabulaire élargi
École
  • adaptation scolaire
  • conscience des sons, qui prépare la lecture
Autonomie et relations
  • se rassurer seul
  • suivre les règles d'un jeu
  • avoir au moins un bon ami
  • ne pas avoir tendance à s'isoler
9 à 12 ans
Corps
  • dos et posture
  • coordination
  • axes des jambes
École
  • bonne relation avec les enseignants
  • résultats satisfaisants
  • aller volontiers à l'école
Émotions
  • savoir se protéger de la violence
  • ne pas subir de harcèlement
  • estime de soi
  • acceptation de son corps
  • connaître les aspects de la puberté à venir
Autonomie et relations
  • gérer un peu d'argent de poche
  • avoir au moins un bon ami
  • appartenir à un groupe, un club, une activité
  • ni surprotection, ni abandon

Le suivi médical, pays par pays

Le nombre d'examens et leur caractère obligatoire varient beaucoup d'un pays à l'autre.

  • France — 20 examens obligatoires, de la naissance à 16 ans
  • Belgique — 15 consultations de 0 à 3 ans, puis 3 de 4 à 6 ans
  • Suisse — 15 examens de prévention recommandés, dont 14 avant 12 ans
  • Québec — Visites recommandées, non obligatoires
PaysAux âges dePar qui, et à quel prix
France
ameli.fr, mis à jour le 11 août 2025
8 jours, 2 semaines, 1 mois, puis 2, 3, 4, 5, 8, 11 et 12 mois, 16-18 mois, 23-24 mois, 2, 3, 4, 5 et 6 ans, 8-9 ans, 11-13 ans, 15-16 ansMédecin généraliste, pédiatre, centre de santé ou PMI jusqu'à 5 ans
Pris en charge intégralement, sans avance de frais
Belgique
Office de la Naissance et de l'Enfance
15 jours, 1 mois, 1 mois et demi, 2, 3, 4, 5 mois, 6-8, 9-10, 12-13, 14-15, 18 mois, 2 ans, 2 ans et demi, 3, 4 et 5-6 ansUn médecin et un travailleur médico-social de l'ONE
Gratuit. Après 6 ans, le relais est pris par les services de promotion de la santé à l'école
Suisse
Société suisse de pédiatrie, checklists publiées par l'OFSP
1 semaine, 1, 2, 4, 6, 9, 12, 18 et 24 mois, puis 3, 4, 6, 10, 12 et 14 ansPédiatre ou médecin de famille
Recommandés et pris en charge, sans être obligatoires
Québec
Société canadienne de pédiatrie, juillet 2021
Une semaine après la sortie de l'hôpital, puis 2, 4, 6, 9, 12 et 18 mois, puis chaque année de 2 à 5 ans, puis tous les un à deux ansMédecin de famille ou pédiatre. Le programme Agir tôt propose en plus un dépistage du développement au CLSC, lors de la vaccination des 18 mois
Agir tôt est gratuit et volontaire

Le sommeil

Des fourchettes, jamais un chiffre unique — c'est ainsi que l'Organisation mondiale de la santé les publie, et l'écart entre les bornes fait partie de l'information.

ÂgeSommeil total par 24 heures, siestes comprises
0 à 3 mois14 à 17 heures
4 à 11 mois12 à 16 heures
1 à 2 ans11 à 14 heures
3 à 4 ans10 à 13 heures

Organisation mondiale de la santé, 24 avril 2019

Au-delà de 4 ans, nous ne publions rien : aucune source officielle francophone parmi celles que nous acceptons ne donne de fourchette pour les 6-12 ans. L'ONE traite le sommeil de cet âge, mais sans chiffres — et rappelle qu'« il y a des petits et des gros dormeurs », et qu'on juge à la forme de l'enfant dans la journée plutôt qu'au nombre d'heures.

Les écrans : quatre pays, quatre manières de poser la question

Sur ce sujet, les quatre pays ne disent pas la même chose — et la différence ne porte pas d'abord sur les chiffres, mais sur le fait d'en donner un. Ce ne sont pas quatre degrés de sévérité qu'on pourrait classer du plus laxiste au plus strict. Ce sont quatre façons de poser le problème, chacune avec sa logique.

PaysCe qu'il recommande
Canada et QuébecUn maximum d'une heure par jour de 2 à 5 ans
Avant 2 ans, pas d'écran, sauf un appel vidéo avec un adulte proche. La Société canadienne de pédiatrie ajoute des moments sans écran chaque jour, notamment aux repas, et pas d'écran dans l'heure qui précède le coucher.
Société canadienne de pédiatrie, 24 novembre 2022
FranceDes seuils d'âge, pas de durée
« Il est déconseillé de mettre ou de laisser un enfant de moins de 3 ans devant un écran. » Les appels vidéo en famille font exception après 18 mois. Depuis 2025, les écrans sont interdits dans les crèches et chez les assistantes maternelles pour les moins de 3 ans.
Santé publique France, mis à jour le 21 juillet 2026
SuisseRefus assumé de donner un chiffre
« Comme chaque enfant est différent, tenez compte de ses capacités d'attention. » Et pour les 6-13 ans : « Ces questions coulent de source, mais ne vont pas assez loin. Les enfants sont tous différents. »
Jeunes et médias, plateforme de la Confédération
BelgiquePas de seuil horaire non plus
L'ONE publie cinq principes — observer l'environnement de l'enfant, équilibrer les activités, dialoguer, reconnaître les apports positifs, poser un cadre adapté — et une seule règle chiffrée : arrêter les écrans une heure avant le coucher.
Office de la Naissance et de l'Enfance, 6 février 2018

Ce que chaque approche suppose

  • Donner une durée, comme le Canada et l'Organisation mondiale de la santé, offre un repère immédiatement applicable. En contrepartie, une heure reste une heure quel que soit ce qu'on en fait : le chiffre ne distingue pas un appel avec un grand-parent d'une vidéo enchaînée automatiquement.
  • Fixer des seuils d'âge sans durée, comme la France, déplace la question de « combien de temps » vers « à partir de quand ». Cela vise l'accès plutôt que l'usage, et cela se traduit en règles collectives — c'est ce qui a permis d'interdire les écrans en crèche pour les moins de trois ans.
  • Refuser de chiffrer, comme la Suisse et la Belgique, n'est pas une absence de position : c'est une position. « Comme chaque enfant est différent, tenez compte de ses capacités d'attention. » L'idée est qu'un nombre rassure le parent sans rien dire de son enfant, et qu'il vaut mieux l'observer que le chronométrer.
Aucune de ces quatre approches n'a été retenue comme la bonne sur cette page, et ce n'est pas une prudence de façade : ces pays ont des traditions de santé publique, des rapports à la norme et des réalités de vie différents. Ce qui s'applique à une famille genevoise ne s'applique pas mécaniquement à une famille montréalaise. Prenez celle de votre pays comme point de départ, et regardez ensuite comment votre enfant se comporte — c'est, au fond, ce que les quatre disent chacune à sa manière.

Et quand les parents se séparent ?

C'est la question que se posent tous les parents qui lisent ce site. La réponse honnête est qu'il existe très peu de travaux officiels, et beaucoup d'affirmations qui n'en sont pas.

La seule étude officielle chiffrée que nous ayons trouvée

Un suivi de 1 181 enfants québécois, de trois ans et demi à huit ans, dont 17 % ont vécu la séparation de leurs parents pendant cette période. Elle conclut que la séparation est « généralement associée à une hausse subséquente des symptômes d'anxiété ou de dépression », les différences restant faibles.

Le résultat le plus intéressant est contre-intuitif, et nous le publions tel quel : cette hausse est significativement moins importante chez les enfants dont la famille allait déjà mal avant la rupture. Pour les comportements d'opposition, le niveau était déjà plus élevé avant la séparation, qui n'a pas produit de hausse supplémentaire. Autrement dit : ce n'est pas la séparation seule qui pèse, c'est ce qu'elle interrompt ou prolonge. Institut de la statistique du Québec, novembre 2012 — cohorte de 1 181 enfants suivis de 3 ans et demi à 8 ans

Ce que recommandent les pédiatres

Deux phrases, et elles sont courtes : « Maintenez la routine la plus normale possible » et « Ne parlez pas en mal de l'autre parent à votre enfant, à votre famille élargie ou à vos amis ».

Sur l'âge, la Société canadienne de pédiatrie reste volontairement générale : un enfant plus jeune « peut retrouver des comportements qu'il avait abandonnés depuis longtemps », un plus grand « peut être en colère ou se sentir dépassé par le changement ». Les motifs de consultation qu'elle cite : anxiété, tristesse persistante, changements du sommeil ou de l'appétit, difficultés scolaires, agressivité. Société canadienne de pédiatrie, août 2018

Ce que personne ne publie, et qu'on vous opposera peut-être

Aucune source officielle des quatre pays ne publie de repères d'hébergement par âge après une séparation. Les règles qui circulent — un âge minimal pour les nuitées chez l'autre parent, un seuil d'alternance selon l'âge — ne se trouvent dans aucun document public que nous ayons pu ouvrir. Si on vous en oppose une comme si elle allait de soi, vous êtes en droit d'en demander la source.

Pour l'organisation pratique, voyez le calendrier de garde et le plan parental.