Le développement de l'enfant, de 0 à 12 ans
Des repères par âge, le suivi médical dans votre pays, le sommeil, les écrans — et ce que disent les études officielles sur l'effet d'une séparation.
Chaque repère vient d'une grille d'examen officielle, citée et datée. Rien n'y est une observation personnelle ni un conseil d'éducation. Cette page ne remplace pas le carnet de santé de votre enfant, ni le médecin qui le suit dans le temps.
À lire avant la liste
Ce qui suit est une liste de repères. Lue seule, une liste inquiète — on y cherche ce qui manque. Alors commençons par ce que disent les autorités de santé elles-mêmes, et qui compte plus que n'importe quel repère.
Retenez la formulation canadienne, qui est la plus utile : il est normal qu'un enfant soit en retard dans certains domaines et en avance dans d'autres. Un enfant qui marche tard et parle tôt ne va pas mal. Il va à son rythme, et son rythme n'est pas une moyenne.
Quand en parler à un médecin
Le critère n'est donc pas un repère manquant, mais plusieurs domaines à la fois — ou simplement votre inquiétude, que la Haute Autorité de santé retient elle-même comme un signal à écouter.
Les signes qui demandent de consulter sans attendre
À tout âge
- l'inquiétude des parents sur le développement de leur enfant
- une régression des habiletés de langage ou de relation
À 12 mois
- l'absence de babillage
- l'absence de gestes sociaux
À 18 mois
- l'absence de mots
À 24 mois et au-delà
- l'absence d'association de mots
Les repères, âge par âge
0 à 6 mois
- rouler du ventre au dos
- contrôler la tête et le cou
- lever la tête et la poitrine
- joindre les mains
- ouvrir et fermer les mains
- porter les mains à la bouche
- sourire
- être expressif
- observer attentivement les visages
- suivre les objets du regard
6 à 12 mois
- rouler dans les deux sens
- s'asseoir seul
- soutenir son poids sur ses jambes
- tenir et secouer un hochet
- faire passer un objet d'une main à l'autre
- tendre les bras
- sourire dans le miroir
- imiter les sons
- babiller
1 à 2 ans
- se tenir debout
- marcher avec aide puis seul
- monter et descendre les escaliers
- manger avec les doigts
- déposer des objets dans un contenant
- gribouiller
- pince fine
- dire « mama » ou « papa »
- réagir à son nom
- dire dix à vingt mots vers 18 mois
- suivre une consigne simple
- être gêné face aux étrangers
- demander de l'aide
- premières crises d'opposition
2 à 3 ans
- courir
- sauter à pieds joints
- monter et descendre les escaliers
- empiler cinq cubes
- commencer à se déshabiller
- dessiner des traits, des croix, des cercles
- poser des questions
- dire « non »
- mettre deux mots à la suite
- vingt à cinquante mots
- se reconnaître dans le miroir
- jouer à côté d'autres enfants
- imiter le comportement des adultes
3 à 6 ans
- courir sans difficulté
- sauter sur place
- tenir sur un pied quelques secondes
- lancer, attraper et faire rebondir un ballon
- dessiner des personnages
- utiliser des ciseaux
- faire des phrases complètes
- employer des subordonnées
- connaître les couleurs principales
- respecter une consigne en trois étapes
- s'habiller seul
- ranger ses jouets
- être propre le jour, souvent la nuit
- jouer avec d'autres enfants, jeux de rôle
- être séparé plusieurs heures de son parent
6 à 9 ans
- faire du vélo
- s'habiller seul
- coordination et dessin
- mouvements séquentiels des doigts
- grammaire correcte
- phrases avec subordonnées
- tous les sons sauf ch, s, j, z
- vocabulaire élargi
- adaptation scolaire
- conscience des sons, qui prépare la lecture
- se rassurer seul
- suivre les règles d'un jeu
- avoir au moins un bon ami
- ne pas avoir tendance à s'isoler
9 à 12 ans
- dos et posture
- coordination
- axes des jambes
- bonne relation avec les enseignants
- résultats satisfaisants
- aller volontiers à l'école
- savoir se protéger de la violence
- ne pas subir de harcèlement
- estime de soi
- acceptation de son corps
- connaître les aspects de la puberté à venir
- gérer un peu d'argent de poche
- avoir au moins un bon ami
- appartenir à un groupe, un club, une activité
- ni surprotection, ni abandon
Le suivi médical, pays par pays
Le nombre d'examens et leur caractère obligatoire varient beaucoup d'un pays à l'autre.
- France — 20 examens obligatoires, de la naissance à 16 ans
- Belgique — 15 consultations de 0 à 3 ans, puis 3 de 4 à 6 ans
- Suisse — 15 examens de prévention recommandés, dont 14 avant 12 ans
- Québec — Visites recommandées, non obligatoires
| Pays | Aux âges de | Par qui, et à quel prix |
|---|---|---|
| France ameli.fr, mis à jour le 11 août 2025 | 8 jours, 2 semaines, 1 mois, puis 2, 3, 4, 5, 8, 11 et 12 mois, 16-18 mois, 23-24 mois, 2, 3, 4, 5 et 6 ans, 8-9 ans, 11-13 ans, 15-16 ans | Médecin généraliste, pédiatre, centre de santé ou PMI jusqu'à 5 ans Pris en charge intégralement, sans avance de frais |
| Belgique Office de la Naissance et de l'Enfance | 15 jours, 1 mois, 1 mois et demi, 2, 3, 4, 5 mois, 6-8, 9-10, 12-13, 14-15, 18 mois, 2 ans, 2 ans et demi, 3, 4 et 5-6 ans | Un médecin et un travailleur médico-social de l'ONE Gratuit. Après 6 ans, le relais est pris par les services de promotion de la santé à l'école |
| Suisse Société suisse de pédiatrie, checklists publiées par l'OFSP | 1 semaine, 1, 2, 4, 6, 9, 12, 18 et 24 mois, puis 3, 4, 6, 10, 12 et 14 ans | Pédiatre ou médecin de famille Recommandés et pris en charge, sans être obligatoires |
| Québec Société canadienne de pédiatrie, juillet 2021 | Une semaine après la sortie de l'hôpital, puis 2, 4, 6, 9, 12 et 18 mois, puis chaque année de 2 à 5 ans, puis tous les un à deux ans | Médecin de famille ou pédiatre. Le programme Agir tôt propose en plus un dépistage du développement au CLSC, lors de la vaccination des 18 mois Agir tôt est gratuit et volontaire |
Le sommeil
Des fourchettes, jamais un chiffre unique — c'est ainsi que l'Organisation mondiale de la santé les publie, et l'écart entre les bornes fait partie de l'information.
| Âge | Sommeil total par 24 heures, siestes comprises |
|---|---|
| 0 à 3 mois | 14 à 17 heures |
| 4 à 11 mois | 12 à 16 heures |
| 1 à 2 ans | 11 à 14 heures |
| 3 à 4 ans | 10 à 13 heures |
Organisation mondiale de la santé, 24 avril 2019
Les écrans : quatre pays, quatre manières de poser la question
Sur ce sujet, les quatre pays ne disent pas la même chose — et la différence ne porte pas d'abord sur les chiffres, mais sur le fait d'en donner un. Ce ne sont pas quatre degrés de sévérité qu'on pourrait classer du plus laxiste au plus strict. Ce sont quatre façons de poser le problème, chacune avec sa logique.
| Pays | Ce qu'il recommande |
|---|---|
| Canada et Québec | Un maximum d'une heure par jour de 2 à 5 ans Avant 2 ans, pas d'écran, sauf un appel vidéo avec un adulte proche. La Société canadienne de pédiatrie ajoute des moments sans écran chaque jour, notamment aux repas, et pas d'écran dans l'heure qui précède le coucher. Société canadienne de pédiatrie, 24 novembre 2022 |
| France | Des seuils d'âge, pas de durée « Il est déconseillé de mettre ou de laisser un enfant de moins de 3 ans devant un écran. » Les appels vidéo en famille font exception après 18 mois. Depuis 2025, les écrans sont interdits dans les crèches et chez les assistantes maternelles pour les moins de 3 ans. Santé publique France, mis à jour le 21 juillet 2026 |
| Suisse | Refus assumé de donner un chiffre « Comme chaque enfant est différent, tenez compte de ses capacités d'attention. » Et pour les 6-13 ans : « Ces questions coulent de source, mais ne vont pas assez loin. Les enfants sont tous différents. » Jeunes et médias, plateforme de la Confédération |
| Belgique | Pas de seuil horaire non plus L'ONE publie cinq principes — observer l'environnement de l'enfant, équilibrer les activités, dialoguer, reconnaître les apports positifs, poser un cadre adapté — et une seule règle chiffrée : arrêter les écrans une heure avant le coucher. Office de la Naissance et de l'Enfance, 6 février 2018 |
Ce que chaque approche suppose
- Donner une durée, comme le Canada et l'Organisation mondiale de la santé, offre un repère immédiatement applicable. En contrepartie, une heure reste une heure quel que soit ce qu'on en fait : le chiffre ne distingue pas un appel avec un grand-parent d'une vidéo enchaînée automatiquement.
- Fixer des seuils d'âge sans durée, comme la France, déplace la question de « combien de temps » vers « à partir de quand ». Cela vise l'accès plutôt que l'usage, et cela se traduit en règles collectives — c'est ce qui a permis d'interdire les écrans en crèche pour les moins de trois ans.
- Refuser de chiffrer, comme la Suisse et la Belgique, n'est pas une absence de position : c'est une position. « Comme chaque enfant est différent, tenez compte de ses capacités d'attention. » L'idée est qu'un nombre rassure le parent sans rien dire de son enfant, et qu'il vaut mieux l'observer que le chronométrer.
Et quand les parents se séparent ?
C'est la question que se posent tous les parents qui lisent ce site. La réponse honnête est qu'il existe très peu de travaux officiels, et beaucoup d'affirmations qui n'en sont pas.
La seule étude officielle chiffrée que nous ayons trouvée
Un suivi de 1 181 enfants québécois, de trois ans et demi à huit ans, dont 17 % ont vécu la séparation de leurs parents pendant cette période. Elle conclut que la séparation est « généralement associée à une hausse subséquente des symptômes d'anxiété ou de dépression », les différences restant faibles.
Ce que recommandent les pédiatres
Deux phrases, et elles sont courtes : « Maintenez la routine la plus normale possible » et « Ne parlez pas en mal de l'autre parent à votre enfant, à votre famille élargie ou à vos amis ».
Sur l'âge, la Société canadienne de pédiatrie reste volontairement générale : un enfant plus jeune « peut retrouver des comportements qu'il avait abandonnés depuis longtemps », un plus grand « peut être en colère ou se sentir dépassé par le changement ». Les motifs de consultation qu'elle cite : anxiété, tristesse persistante, changements du sommeil ou de l'appétit, difficultés scolaires, agressivité. Société canadienne de pédiatrie, août 2018
Ce que personne ne publie, et qu'on vous opposera peut-être
Pour l'organisation pratique, voyez le calendrier de garde et le plan parental.