Corpulence et IMC
Deux calculateurs, parce que l'IMC d'un enfant et celui d'un adulte ne se lisent pas de la même façon. Et le repère alimentaire officiel de votre pays.
Elle situe une valeur par rapport à des références publiques, chacune citée et datée. Elle ne propose ni poids cible, ni ration, ni régime — ce sont des sujets qui se traitent avec un médecin, qui connaît votre histoire et celle de votre enfant.
Les tables de référence ont été relevées sur les documents officiels et relues deux fois. Nous n'avons pas pu les récupérer depuis les fichiers tableurs de l'OMS, dont l'accès nous est refusé : elles proviennent des PDF publiés. Nous le signalons plutôt que de le taire.
Pour un enfant de 5 à 18 ans
La corpulence d'un enfant ne se lit pas comme celle d'un adulte. Ce calculateur situe une valeur entre deux seuils nommés, pour l'âge et le sexe indiqués. Il ne pose aucune étiquette et ne remplace pas la courbe du carnet de santé, que votre médecin remplit dans le temps.
Le référentiel n'est pas le même dans les quatre pays
Un même enfant peut être classé différemment selon l'endroit où il est mesuré. Ce n'est pas une contradiction : ce sont des conventions statistiques différentes, toutes défendables.
- France — Seuils IOTF
- La Haute Autorité de santé retient les courbes IOTF à partir de 2 ans, et les courbes du carnet de santé 2018 avant. HAS, guide parcours enfant et adolescent, février 2022
- Belgique — Seuils IOTF
- Sciensano utilise « des seuils spécifiques en fonction de l'âge et du sexe, recommandés par l'International Obesity Task Force ». Sciensano, enquête de santé 2023-2024
- Suisse — Percentiles suisses
- La pédiatrie suisse situe le surpoids au-delà du 90e percentile et l'obésité au-delà du 97e — des seuils plus bas que l'IOTF. Un même enfant peut donc être classé différemment en Suisse et en France. Paediatrica, 27 juin 2025
- Québec — Courbes de l'OMS
- Le Canada et le Québec utilisent les courbes de l'OMS adaptées : surpoids au-delà du 85e percentile, obésité au-delà du 97e. Société canadienne de pédiatrie et Diététistes du Canada, révision 2014
Les seuils IOTF, âge par âge
Ces valeurs sont construites en partant des seuils adultes de 25 et 30, placés à 18 ans, puis remontés vers les âges plus jeunes le long des courbes de corpulence. C'est pourquoi, à 18 ans, elles valent exactement 25 et 30.
| Âge | Surpoids, garçon | Surpoids, fille | Obésité, garçon | Obésité, fille |
|---|---|---|---|---|
| 5 ans | 17,42 | 17,15 | 19,30 | 19,17 |
| 6 ans | 17,55 | 17,34 | 19,78 | 19,65 |
| 7 ans | 17,92 | 17,75 | 20,63 | 20,51 |
| 8 ans | 18,44 | 18,35 | 21,60 | 21,57 |
| 9 ans | 19,10 | 19,07 | 22,77 | 22,81 |
| 10 ans | 19,84 | 19,86 | 24,00 | 24,11 |
| 11 ans | 20,55 | 20,74 | 25,10 | 25,42 |
| 12 ans | 21,22 | 21,68 | 26,02 | 26,67 |
| 13 ans | 21,91 | 22,58 | 26,84 | 27,76 |
| 14 ans | 22,62 | 23,34 | 27,63 | 28,57 |
| 15 ans | 23,29 | 23,94 | 28,30 | 29,11 |
| 16 ans | 23,90 | 24,37 | 28,88 | 29,43 |
| 17 ans | 24,46 | 24,70 | 29,41 | 29,69 |
| 18 ans | 25,00 | 25,00 | 30,00 | 30,00 |
Pour un adulte
Le parent solo est souvent le dernier dont on s'occupe. Ce calculateur est pour vous.
Ce que les autorités disent elles-mêmes de ses limites
- L'IMC ne dit rien de la composition du corps
- « L'IMC ne fait toutefois pas de distinction entre le gras ou les muscles, ce qui peut influencer l'estimation du risque chez certains adultes. »
Québec.ca, Poids corporel, 27 janvier 2020 - Il ne dit rien non plus de la répartition des graisses
- L'IMC « ne permet pas d'évaluer la quantité de graisse ainsi que sa répartition dans le corps ». L'OMS ajoute que d'autres mesures, comme le tour de taille, aident au diagnostic.
Sciensano, Obésité — Diagnostic - Il ne s'applique pas à tout le monde
- Le système « ne doit pas être utilisé chez les personnes de moins de 18 ans, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent », et s'interprète avec prudence chez les jeunes adultes en croissance, les personnes naturellement très minces, les personnes très musclées, les plus de 65 ans et certains groupes d'origine.
Santé Canada, Lignes directrices canadiennes pour la classification du poids chez l'adulte, 2003
La classification de l'OMS
| Tranche | IMC |
|---|---|
| Maigreur sévère | moins de 16,0 |
| Maigreur modérée | de 16,0 à 16,9 |
| Insuffisance pondérale | de 17,0 à 18,4 |
| Corpulence normale | de 18,5 à 24,9 |
| Surpoids | de 25,0 à 29,9 |
| Obésité, classe I | de 30,0 à 34,9 |
| Obésité, classe II | de 35,0 à 39,9 |
| Obésité, classe III | 40,0 et plus |
Les quatre pays retiennent exactement les mêmes seuils. Seul le vocabulaire change : la Belgique dit « pré-obésité » là où la France dit « surpoids », et « classe I, II, III » là où la France dit « modérée, sévère, massive ».
Le seuil n'est pas le même à 6 ans et à 16 ans
Les seuils de l'adulte — 25 et 30 — ne s'appliquent pas à un enfant. Ils varient avec l'âge et avec le sexe, et ils ne rejoignent 25 et 30 qu'à 18 ans.
Deuxième lecture, moins attendue : l'écart entre garçons et filles est faible — quelques dixièmes — alors que l'écart entre 5 ans et 18 ans dépasse six points. C'est l'âge qui compte, bien plus que le sexe.
Lecture : à 7 ans, un garçon passe le seuil de surpoids vers 17,9 ; à 16 ans, vers 23,9. Le même chiffre ne dit donc pas la même chose selon l'âge — et c'est pourquoi le calculateur ci-dessus demande l'âge et le sexe.
Les mêmes chiffres en tableau
| Âge | Surpoids garçons | Surpoids filles | Obésité garçons | Obésité filles |
|---|---|---|---|---|
| 5 ans | 17,4 | 17,1 | 19,3 | 19,2 |
| 6 ans | 17,6 | 17,3 | 19,8 | 19,6 |
| 7 ans | 17,9 | 17,8 | 20,6 | 20,5 |
| 8 ans | 18,4 | 18,4 | 21,6 | 21,6 |
| 9 ans | 19,1 | 19,1 | 22,8 | 22,8 |
| 10 ans | 19,8 | 19,9 | 24,0 | 24,1 |
| 11 ans | 20,6 | 20,7 | 25,1 | 25,4 |
| 12 ans | 21,2 | 21,7 | 26,0 | 26,7 |
| 13 ans | 21,9 | 22,6 | 26,8 | 27,8 |
| 14 ans | 22,6 | 23,3 | 27,6 | 28,6 |
| 15 ans | 23,3 | 23,9 | 28,3 | 29,1 |
| 16 ans | 23,9 | 24,4 | 28,9 | 29,4 |
| 17 ans | 24,5 | 24,7 | 29,4 | 29,7 |
| 18 ans | 25,0 | 25,0 | 30,0 | 30,0 |
Le repère alimentaire de votre pays
Ces quatre documents ne sont pas quatre traductions du même texte : ils ne disent pas la même chose, et pas de la même façon. Deux conséquences concrètes. Le Nutri-Score n'existe comme repère officiel qu'en France — le conseil « évitez les D et E » est inapplicable tel quel à Genève ou à Montréal. Et le Guide canadien a délibérément supprimé les portions en 2019 : afficher la pyramide suisse à un Québécois lui donnerait une précision que son propre système a choisi de retirer.
| Pays | Repère officiel | Lien |
|---|---|---|
| France | Les recommandations du PNNS — Structurées en trois verbes — augmenter, aller vers, réduire. Seul repère des quatre à s'appuyer sur un logo d'achat, le Nutri-Score. Santé publique France, version 2019 | consulter |
| Belgique | Le triangle alimentaire — Ce n'est pas une pyramide : l'eau est à la base et les produits ultratransformés sont relégués hors du triangle, dans un cercle rouge. Outil flamand traduit en français — il n'existe pas d'équivalent produit par une institution francophone belge. Vlaams Instituut Gezond Leven, version 2021 | consulter |
| Suisse | La pyramide alimentaire suisse — Le seul des quatre à chiffrer chaque étage en portions par jour. Doublé d'un disque alimentaire destiné aux enfants. Société Suisse de Nutrition et OSAV, version 2024 | consulter |
| Québec | Le Guide alimentaire canadien — Il a supprimé les groupes et les portions au profit d'une assiette en proportions, et consacre la moitié de ses messages au comportement : cuisiner, savourer, manger avec d'autres, se méfier du marketing. Santé Canada, version 2019 | consulter |